samedi 21 janvier 2012

Religious Question in Modern China, ch. 1


Texte d'Audrey Boivin


Goossaert et Palmer, The Religious Question in China, ch 1., The Late Qing Landscape


Après s’être spécialisés sur les aspects sociaux et spirituels des religions de la Chine pendant plusieurs années, Vincent Goossaert et David A. Palmer combinent leurs perspectives, historiques pour l’un et anthropologiques pour l’autre, et écrivent ensemble l’ouvrage intitulé The Religious Question in Modern China. Le chapitre 1 : The Late Qing Religious Landscape sert en quelque sorte d’avant-propos au reste de l’ouvrage. Se basant sur leurs propres études et sur d’autres ouvrages traitant du sujet, les auteurs dressent dans ce chapitre le schéma des éléments caractérisant les principales religions de la Chine pendant le dernier siècle de la dynastie des Qing.



Les auteurs s’intéressent principalement à la division du paysage religieux en plusieurs groupes, à leur rôle ainsi qu’à la place que ces groupes occupaient dans la société chinoise par rapport au gouvernement impérial pendant le 19e siècle. Il y avait tout d’abord une base commune de croyances et de valeurs encadrées et véhiculées par les trois enseignements principaux qu’étaient à l’époque le confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme. Il est expliqué dans le texte que ces trois enseignements jouaient un rôle de religion d’élite, alors que les pratiques locales plus marginales qui varient selon les régions, les professions, les lignées, etc., correspondaient plutôt à ce que certains appellent la religion du peuple. Cette religion populaire était alors constituée de communautés autonomes se regroupant généralement autour d’un temple représentant leurs croyances. Sous l’ordre impérial, certaines de ces communautés étaient définies comme cultes afin qu’elles participent aux activités religieuses telles que l’organisation de festivals, la constructions d’infrastructures ou encore au maintient de l’ordre. Bien que reconnus par l’empereur, ces cultes restaient tout de même indépendants de toute autorité extérieure à la communauté même. Ces regroupements partageaient plusieurs notions et valeurs communes puisqu’elles découlaient généralement d’interprétations différentes faites des trois enseignements principaux.
Le chapitre traite ensuite du rapport entre l’état et la religion à la fin de la dynastie des Qing. Bien que les religions aient été grandement définies par l’état impérial et que l’empereur lui-même avait un pouvoir absolu dans ce domaine, il semble que les communautés religieuses étaient laissées à elles-mêmes plus souvent qu’autrement.  Le rôle de l’empereur se résumait plutôt à décider quelles pratiques et croyances étaient orthodoxes et lesquelles ne l’étaient pas. Bien que l’état impérial visait à l’époque une pluralité des croyances religieuses, il était plus tolérant envers certaines pratiques et croyances que d’autres. Bon nombre de celles jugées orthodoxe faisaient essentiellement partie du culte de l’état à l’image confucéenne et donc toujours très peu accessible au peuple. Les auteurs, comme d’autres avant eux, en concluent donc que le contrôle impérial sur les religions à cette époque fut un succès principalement dans le cas des trois religions plus proche de l’état impérial, mais plutôt un échec pour ce qui est de la religion du peuple, qui elle représente une bien plus grosse proportion de la population chinoise.
Avant de passer au chapitre suivant, les auteurs concluent celui-ci en expliquant comment la religion perd de sa popularité après de l’élite vers la fin de la dynastie. Les causes étant nombreuses nous nous en tiendrons ici à préciser que l’élite ne s’opposait pas nécessairement aux enseignements religieux et aux croyances mais plutôt aux pratiques corrompues du clergé. 
Bref, la lecture d’un tel texte nous en apprend beaucoup sur le paysage religieux du 19e siècle et apporte plusieurs bribes de réponses aux questions posées dans ce cours.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire